amour

Enchainement

Publié le par Moon6269

Sept heures que la panne d'électricité a commencé, juste après le départ des enfants...

 

Les trois enfants qui sont restés chez leurs grands parents car ici le chauffage est coupé, on leur a expliqué dès qu'ils ont appelé...

 

Douze appels avec le portable pour tenter d'avoir un dépannage mais on nous dit qu'il faut compter les employés disponibles sur les doigts de la main...

 

Vingt doigts qui s'ennuient et finalement trouvent l'autre et cherchent un peu de chaleur dans les creux et les rondeurs de la peau...

 

Deux peaux qui se rencontrent et se lissent, s'envahissent sous les mains et les lèvres...

 

Quatre lèvres qui s'entrouvrent à la recherche d'air ou dans quelques frôlements de dents...

 

Soixante quatre dents qui percutent et pincent, attrapent et grignotent dans l'avidité grandissante des baisers...

 

Des milliers de baisers déposés sur la géométrie variable des corps dans l'amour dévorant...

 

Un amour qui nous amène par delà l'obscurité, là où on se voit par la simple pensée, là où on est bien au travers du désir et du besoin...

 

Zéro besoin d'autre chose, dans le noir, nous sommes là...

 

 

 

Consigne #66 des Défis du samedi

 

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A la faveur de l'automne

Publié le par Moon6269

-          « Oui l'érable, celui du square Paul Pic, je t'ai dit quand il n'aura plus de feuilles du tout... »

Amélie se souvenait de ce pacte passé avec Yvan. Tant de jours sans lui ! Tant de feuilles qui avaient d'abord poussé, verdit dans l'exubérance chlorophyllienne du printemps. Une vigueur insolente dans ce désert amoureux.

Yvan et Amélie, après une de leurs nombreuses disputes de la fin d'hiver, avaient décidé de laisser passer quelques temps sans se voir, sans aucun contact téléphonique ou épistolaire. Le vide qui devait leur permettre de tester leurs sentiments de façon radicale.

Attablés à la terrasse chauffée du Régent, où la cigarette était encore autorisée, serrant leur tasse de chocolat chaud dans leurs mains un peu gelées tout de même, ils s'étaient mis d'accord sur la forme de la séparation mais n'avaient pas réussi à fixer un délai.

C'était le lendemain qu'Yvan avait téléphoné (pour la dernière fois) et qu'il avait dit :

-          «  On doit tenir au moins jusqu'à ce que l'érable du square en face du Régent n'ait plus aucune feuille... »

Ils s'étaient si souvent embrassés sous cet arbre qu'Amélie avait sourit, repensant aux feuilles qu'elle avait mises sur le trottoir devant chez Yvan un matin, pour lui montrer qu'elle était passée. Un joli cœur vert, puzzle difficile de feuilles pointues retournées dans tous les sens. Il l'avait vu immédiatement en poussant la porte de l'allée, avait ramassé toutes les feuilles et les avait fait sécher entre ses dossiers.

Pendant l'été, Amélie s'était résignée au vert qu'elle observait sur la pointe des pieds par la petite fenêtre de sa salle de bain. Elle avait traversé les chaleurs en se disant que cette liberté retrouvée avait du bon, elle était partie avec une amie en vacances oubliant presque l'arbre.

Pourtant depuis septembre, elle regardait chaque jour la progression de l'automne dans le feuillage de l'érable. Une impatience nouvelle frémissait dans son corps et dans son âme.

De son côté Yvan s'était lassé de faire le détour par le square, chemin douloureux dans le manque d'Amélie. Il avait trouvé une solution commode en passant un pacte avec Brice, le serveur blond du Régent. Yvan appelait une fois par semaine et Brice, toujours un sourire dans la voix, lui décrivait l'arbre.

« Là il est d'un vert sombre, un merle est posé sur la branche la plus haute... »

«  Aujourd'hui, j'ai vu une feuille avec une trainée jaune autour des nervures... »

« Quelques feuilles virent au rouge... »

 

Yvan avait cherché sur le net des renseignements sur les érables mais il y en avait tant de variétés, il n'avait même pas reconnu le leur. Et puis rien ne disait quand les feuilles seraient toutes tombées.

Il avait découvert cette belle tradition japonaise appelée « momijigari » c'est-à-dire chasse aux érables. Les Japonais attendaient l'automne pour aller dans les forêts et les parcs admirer les arbres aux couleurs les plus flamboyantes. C'était comme les champignons chez nous, le contemplatif en plus, on ne révélait pas forcément aux autres les meilleurs coins. Il se disait que c'était là et à cette saison précise qu'il emmènerait Amélie en voyage quand ils auraient épuisé cette frustration.

 

Amélie avait vu s'accumuler les feuilles jaunes et rouges, grignotant progressivement la masse du vert. Elle pensait à ce petit amas de liège qui engorgeait les nervures et empêchait le vert de se propager. Elle savait que l'issue de cette lutte était la rupture du pétiole et la chute de la feuille.

Elle alla un matin ramasser les plus belles feuilles par terre. Elle les retournait, accroupie, sa jupe plongeant sur ses genoux fins, les talons de ses bottes écrasant quelques malheureuses. Un homme assis sur le banc la regardait. Amélie sentait son regard mais n'osait pas se retourner. C'était comme une brulure dans son cou, sur sa peau.

Elle leva les yeux vers les branches pour tenter de compter ce qu'il restait de feuilles à guetter. L'homme était là, près d'elle.

-          «  Vous allez les faire sécher ? »  dit-il avec un très beau sourire.

Amélie rougit, incapable de lui dire la vérité, ni de lui mentir. Elle se releva et partit en lui rendant simplement son sourire.

 

« Il doit en rester une centaine » disait Brice au téléphone.  « Courage, c'est bientôt terminé... »

 

Mais Amélie retournait au square chaque jour à la même heure et se baissait sous l'érable. L'homme était là aussi. Ils ne se disaient rien mais échangeaient regards et sourires.

Amélie se mit à compter les feuilles, priant pour qu'elles ne tombent pas trop vite.

exercice 67 de la communauté Ecriture ludique

proposé par Michel

et je vous conseille l'original de la chanson de Tété,

splendide ballade !

 

 

 

 

 

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Plage arc en ciel

Publié le par Moon6269

Sur ta peau le jeu de lumière

La clarté donnée par la mienne

L'ombre que tu mets sur ma peine

 

Sur ta bouche le flot rougeoyant

Le goût de sel que je mords

L'oubli que bercent les vagues

 

Sur ton ventre les reliefs

Le tumulte de mes marées

L'absence qui me tord

 

Sur ton front les mots invisibles

La langue au creux de mon oreille

La plage où tu n'es plus.

 

troisième partie du DEFI

(exercice n° 60 ) de la communauté Ecriture Ludique

faire avant le 19 octobre 3 textes sur des consignes de la communauté auxquelles on n'a pas encore participé

J'ai donc choisi :

exercice n°25  écriture sur image  par Sophie

 

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Sous les rosiers

Publié le par Moon6269

Les yeux fixés sur l'écran ils regardèrent la machine démarrer dans un silence religieux.

Avec ses deux grandes lames étincelantes et sa petite hélice, elle ressemblait à une mante religieuse hi-tech et paraissait, comme elle, à la fois légère et redoutable.

Stéphane, cliquait des informations sur le clavier tandis que Laure suivait la trajectoire sur l'écran.

-          Continue, elle se rapproche du massif 7... Oui tout droit vers la « Gertrude Jekyll »...Parfait, elle a un bouton abimé un peu plus bas, on essaie ? Encore un peu plus bas, voilà, avance de 3 centimètres... Ouvre et vas-y ! Yeeeeeeeeees ! On a réussi !

Laure se jeta au cou de Stéphane pour le féliciter mais celui-ci se dégagea rapidement. Laure au comble de son enthousiasme ne parut pas remarquer ce dédain.

-          Tu te rends compte ? Deux ans de travail enfin récompensés ! Tu vas voir, on va cartonner avec cette machine !

Effectivement, deux ans avaient passé dans ce laboratoire où ils mettaient au point ensemble le robot à tailler les roses. Toute la difficulté avait consisté à résoudre l'équation d'une machine d'un poids raisonnable afin de lui permettre de voler sans trop de dépense d'énergie mais suffisamment puissante pour être capable de sectionner des rameaux de plus d'1 cm de diamètre.

Bien entendu, elle ne serait pas capable dans sa version actuelle de tailler un rosier liane avec ses très grosses épines mais pour toutes les variétés un peu fines, elle pourrait être parfaite.

Au laboratoire, elle avait réussi à faire le tour d'un « Constance Spry » et à'enlever un tiers des branches condamnées.

Mais aujourd'hui, c'était le premier essai en extérieur et tout avait fonctionné à merveille ! Un marché incroyable allait s'offrir à eux. Toutes ces dames un peu âgées qui n'arrivaient plus à refermer la main sur le sécateur, ou ces jardiniers cloués dans un fauteuil qui ne pouvaient plus arpenter leur jardin. En simplifiant le panneau de commandes, la machine serait à la portée de tout ce public avec des perspectives financières assez réjouissantes. Sans compter les déclinaisons possibles ensuite pour tailler d'autres végétaux, détruire les limaces, traiter à distance....

L'automate du jardin était né, Laure sautait de joie et Stéphane, plus en retrait, était animé d'un bouillonnement intérieur.

-          Si tu allais vérifier l'angle de coupe dehors, s'il te plait ? dit-il à Laure afin de la calmer.

-          Maintenant ? s'étonna-t-elle. Mais la nuit va bientôt tomber !

-          Vas-y, s'il te plait ! insista-t-il.

Laure enfila un coupe-vent, ses sabots de jardin et sortit en direction du massif 7.

Elle se penchait vers la « Gertrude Jekyll » qu'ils avaient sectionnée tout à l'heure quand elle entendit un petit bourdonnement familier qui arrivait derrière elle. Avec le sourire, elle se retourna pour voir ce que Stéphane faisait avec leur petit bijou et les deux lames s'enfoncèrent dans son cou avec douceur et fermeté !

Stéphane sortit calmement, tira le corps gargouillant avant qu'il ne tache la terre et le jeta au fond du trou qu'il avait creusé le matin même au pied d'un magnifique massif d'« Auberge de l'Ill ». Il reboucha le trou et cueillit une des splendides fleurs blanches piquée d'étamines dorées. Il rentra dans la maison et monta dans leur chambre afin de changer de vêtements.

Il referma la porte derrière lui, posa la rose sur sa table de chevet, et alla s'asseoir devant son ordinateur.

deuxième partie du DEFI

(exercice n° 60 ) de la communauté Ecriture Ludique

faire avant le 19 octobre 3 textes sur des consignes de la communauté auxquelles on n'a pas encore participé

J'ai donc choisi :

exercice n°8 début et fin  par Kildar

 

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Abus de paroles ♫

Publié le par Moon6269

 

1.
A trop dire, on dit mal
mes mots d'amour, je les ravale
je tends les mains
j'attends en vain
tu n'as laissé que l'écho
de mes mots tombés à l'eau.

 

 

refrain

Abus de paroles
j'ai dit tant de mots
abus de paroles
tant de mots en trop
Je sais bien qu'ils s'envolent
et que passe ta peau.


2.
Le temps perdu à parler
j'aurais dû en profiter
pour te toucher
pour m'imprégner
pour apprendre ton corps
du dedans et du dehors.

3.
Je voulais tant te comprendre
j'ai oublié d'être tendre
et de t'aimer
les mots fermés
J'ai laissé tous mes pourquoi
faire le vide entre mes doigts.


 

 

 

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