Deuil
Mais qui peut savoir vraiment la densité d'une moitié de cet autre qui, pour n'être qu'une part,
prend pourtant quelquefois la place en totalité ?
Qui peut savoir la surface qu'on lui a autorisée
celle qu'il a conquise et parfois arrachée ?
Qui peut dire par quelle science peu devient tout ?
Qui sait pourquoi ce qui se résorbe envahit le vide même qu'il crée ?
Qui peut juger de la quantité d'emboîtements qui ont été sculptés,
tenons et mortaises de l'immense espoir ?
Qui sait la sueur de cet ouvrage ?
Qui sait dire le vent froid qui siffle sur ces reliefs abandonnés ?
Qui peut croire aussi que le souffle tiède du temps lèchera la plaie ?
La couleur de l'air , aujourd'hui et demain, lira à travers d’infimes variations
la trace, les pas imbriqués et les chemins.
On ne marche jamais seul.
